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CHAPITRE III

Histoire humaine des Alpes

Les Alpes, des origines humaines à notre ère.

Introduction : Le monde d'en Haut

Arc montagneux couvrant 8 pays, s’étendant sur plus de 1200km, les Alpes sont réputées pour le sauvage et la beauté de ses paysages – mais aussi pour la résilience de ses populations qui ont traversé les âges en démontrant une grande adaptation aux conditions hostiles et aux changement historiques.

Mais quelle est réellement l’histoire humaine des Alpes ? A quel rythme, selon quelle volonté, se sont implantées et développées les populations humaines dans cette zone si particulière ?

Sédentarisation, adaptations aux conditions climatiques, échanges culturels, etc – cet article plonge dans l’Histoire des Alpes, pour nous faire comprendre les évolutions sociétales de ce territoire complexe.

A la découverte du « Monde d’en haut »¹.

1 : Le mot « Alpes » renvoie étymologiquement à deux concepts: la blancheur et la hauteur. Selon certaines interprétations, il pourrait signifier « le monde d’en haut » ou « le monde lumineux » – prêtant à ce territoire une dimension spirituelle, presque mystique.
Issu d’une racine celtique (albos), Alpes signifierait « le monde lumineux, le monde d’en-haut ». Issu d’une racine latine (Albus, tiré du grec αλφον) ou de l’indo-européen (albho) – Alpes signifierait « blanc ».

Image d’introduction : Alpine Landscape with a Deep Valley, from « The Large Landscapes ». Gravure. – ca. 1555–56 – Johannes van Doetecum I, Lucas van Doetecum – MET Museum (Libre de droits).

Préhistoire des Alpes : paléolithique, Mésolithique

Premières explorations alpines

Il y a environ 20 000 ans, sous l’effet du réchauffement climatique interglaciaire, les vallées Alpines, jusqu’alors recouvertes par les glaces, s’ouvrent progressivement¹.

Les populations nomades chassant dans les plaines steppiques alentours, effectuent alors des incursions dans les vallées Alpines². 

Favorisées par un changement du couvert végétal et de la faune, l’installation humaine est plus aisée et on assiste à une conquête progressive des territoires Alpins (12000 av. J.C. – 5000 av. J.C.).

Des sites saisonniers (campements, haltes de chasse, points d’observation) émergent alors. L’impact de ces communautés nomades de chasseurs cueilleurs sur l’environnement Alpin est alors relativement limité.

De ces campements saisonniers du Mésolithique, naissent progressivement les premiers hameaux stables. L’adaptation au relief – alternance de séjours en vallée et d’occupations d’altitude – s’impose dès cette époque comme un trait majeur de la vie alpine.

Il faudra attendre le Néolithique ancien pour que les premières sociétés agricoles se sédentarisent durablement dans les vallées alpines.

Ci-contre : Communautés paysannes franchissant un col des Alpes (col Collon, alt. 3070m). Cette reconstitution d’une migration Néolithique (5000 avant notre ère) à travers un col Alpin permet d’imaginer le rapport des sociétés avec la migration, la domestication, le commerce.
«Des Alpes au Léman, Images de la préhistoire», Alain Gallay. Infolios éditions,
2008 (2e édition). Illustration : André Houot.

1 : On décèle des traces de présence humaine dans les Alpes durant des périodes de réchauffement : période interglaciaire RissWürm (env. 100000 av. J.C.); Paléolithique moyen (environ 40000 av. J.C.). Mais ce ne sont que des présences temporaires, notamment de chasseurs qui semblent se cantonner à des campements d’Altitude, dans des grottes. A partir du Paléolithique supérieur/Mésolithique (16000-12000 av.J.C.), les communautés nomades de chasseur/cueilleurs commencent à s’établir sous forme saisonnière/semi permanente. Ce n’est qu’à partir du Néolithique (environ 5000av. J.C.) que se sédentarisent les premières sociétés « paysannes ».


1 : Pierre Bintz et al., « La néolithisation des Alpes », Revue de Géographie Alpine, 2011 : https://journals.openedition.org/rga/1580

2 : A. Gallay (dir.), Des Alpes au Léman, Infolio, 2008 : https://www.infolio.ch/livre/des-alpes-au-leman/

Histoire des Alpes : Néolithique, âge des métaux

Sédentaration & Echanges

Entre 5500 et 2500 av. J.-C., les Alpes passent d’un territoire de chasseurs à un espace organisé selon une logique saisonnière, déjà adaptée aux contraintes du relief.

Au début du Néolithique (env. 5500 av. J.C), les premières communautés agricoles se sédentarisent en basse et moyenne altitude des vallées Alpines. Elles créent des sites adaptés implantés dans des endroits stratégiques (cônes alluviaux de rivière, sommets de collines, terrasses), adaptés aux activités économiques (bergeries, extraction de matières premières) et aux pratiques symboliques (nécropoles, peinture et gravure rupestre, etc.)

Ces communautés villageoises pratiquent la culture céréalière (céréales, petit épeautre, orge) et la domestication animalière (chèvres, moutons) – en parallèle des activités de prédation (chasse, pêche, cueillette).

L’âge du Bronze (vers 2200–800 av. J.-C.) introduit un nouveau changement dans l’histoire des Alpes. La métallurgie qui se développe progressivement entraine avec elle la production d’outils, d’armes et de bijoux en bronze. Cette période voit une intensification des échanges commerciaux, transformant les sociétés Alpines vers une plus grande complexité et stratification sociale.
Ces échanges, attestés jusque dans les hautes vallées, annoncent la naissance d’un premier réseau économique alpin, reliant les zones minières du Tyrol aux plaines du Pô et du Rhône (3)(4).

Au cours de l’âge du Fer (vers 800–100 av. J.-C.), les Celtes arrivent dans les Alpes, introduisant le fer pour des outils et armes plus efficaces. Ils établissent sur les hauteurs des centres fortifiés stratégiques (politiques et économiques), et développent un réseau de routes commerciales.
Les peuples celtiques adaptent les structures du Bronze aux exigences militaires et commerciales : des oppida contrôlent les cols et les routes, des ateliers de fer apparaissent dans les fonds de vallée (5)(6).

Ci-contre : Reproduction de la tenue d’Ötzi, attestant de la qualité des tenues du Néolithique.
Tunique en patchwork de peaux de chèvres. Bonnet en peau d’ours, avec lien de serrage. Chaussures avec semelle et languette supérieure en cuir. Chausson intérieur en filet d’herbes torsadées. Pèlerine (cape) ajustable, en tiges d’herbe alpines.
«Des Alpes au Léman, Images de la préhistoire», Alain Gallay. Infolios éditions,
2008 (2e édition). Illustration : André Houot.
 

3: P. Della Casa, The Copper Age in the Alps, 2010 : https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01565385/document

4: K. Walsh, “A Historical Ecology of the Écrins”, Quaternary International, 2014 : https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1040618213006824

5: Z. Laffranchi et al., “‘Celts’ up and down the Alps…”, Scientific Reports, 2022 : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9544713/

6: F. Gilck, “The Origin of Alpine Farming”, The Holocene, 2019 : https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0959683619854511

Histoire des Alpes : Ère Romaine

Conquête & Acculturation

Durant l’Antiquité, l’Empire romain fait des Alpes une zone stratégique : espace de passage, de contrôle et de circulation entre Italie et Gaule. Les campagnes militaires du Ier siècle avant J.-C. aboutissent à une intégration politique complète. Les cols deviennent des voies impériales, entretenues et surveillées ; les vallées accueillent des garnisons et des stations routières qui jalonnent le réseau de transport.

Ce nouvel ordre introduit des infrastructures inédites : routes pavées, ponts, bornes milliaires, thermes, temples. La montagne, autrefois perçue comme une marge, entre dans une logique d’aménagement et de gestion. L’administration romaine établit des civitates, collecte l’impôt, recense les terres et introduit le latin comme langue de pouvoir et d’échange.

Rome introduit une économie de flux : circulation du bois, du bétail, du sel et du minerai. Les vallées deviennent des artères logistiques autant que culturelles.

Cette romanisation transforme la vie matérielle : maçonnerie en pierre, mosaïques, bains publics, céramiques fines, denrées importées (huile, vin, garum). Mais le changement reste inégal : dans les zones rurales, les pratiques agropastorales et les rites locaux se maintiennent. La culture romaine ne s’impose pas brutalement ; elle s’ajuste, se mêle, s’acclimate.

Les agglomérations reflètent cette double appartenance : lieux d’administration et de culte impérial, mais aussi marchés et sanctuaires d’anciennes divinités celtiques. L’urbanité romaine s’articule à une ruralité alpine restée autonome. Ce métissage produit un modèle durable : celui d’un territoire capable d’intégrer les influences extérieures tout en conservant une organisation locale forte. C’est sur cette base que se développeront, des siècles plus tard, les structures communautaires médiévales.

1 : La conquête romaine des Alpes se réalise en 2 campagnes, relativement éloignées : (125-121 av. J.C. & 25 av. J.C.).

Ci-contre : « Ville romaine bâtie aux pieds des Alpes dauphinoises quelque temps après la conquête des Gaules. » – Huile sur toile – 1870 – Octave Penguilly L’Haridon

7: R. Chevallier, Les Voies romaines, Picard, 1997 : https://books.openedition.org/efr/6937

8:  M. Provost, “Les Alpes gauloises et la romanisation”, BSAF, 2002 : https://www.persee.fr/doc/bsnaf_0081-1181_2002_num_2002_1_6366

Histoire des Alpes : Le Moyen Âge

Régionalisation & Remplacement

Après la chute de l’Empire romain (IVᵉ–Vᵉ siècles), les diocèses et les monastères deviennent les principaux foyers d’organisation politique et spirituelle des Alpes. Ils fixent les cadres paroissiaux, introduisent le latin écrit et diffusent une nouvelle économie rurale : mise en culture collective des terres, gestion commune des eaux et des pâturages.
Entre le XIᵉ et le XIIIᵉ siècle s’affirme la véritable « naissance du village alpin » : les habitats se stabilisent entre 1000 et 2000 mètres d’altitude, et le territoire se structure en deux étages — le plan (villages et terres cultivées) et les monts (forêts et alpages). Les communautés, souvent issues d’initiatives locales, s’organisent en universitates, assemblées d’habitants capables de lever des impôts, de négocier avec les seigneurs et de réguler l’usage des communs.

Cette organisation permet de développer une agriculture d’altitude exigeante : culture du seigle et de l’orge jusqu’à 2100 mètres, élevage mixte, fabrication de fromages, exploitation du bois et du charbon. Les contraintes naturelles imposent des techniques adaptées — terrasses, irrigation par gravité, moissons tardives, séchage du grain sur les galeries des maisons.
La montagne devient aussi un espace politique : dans certaines vallées du Valais, des Grisons ou du Dauphiné, des confédérations d’habitants s’unissent au XIVᵉ et au XVᵉ siècle pour défendre leurs droits face aux princes. Ces institutions villageoises, structurées autour d’assemblées et de serments collectifs, préfigurent les formes d’autonomie communale plus tardives.

Sur le plan économique, la période voit le passage progressif de l’élevage ovin à l’élevage bovin, la diffusion de la métallurgie de proximité et l’essor du commerce transalpin : sel, laine, cuir, fromage et bois franchissent les cols du Mont-Cenis, du Saint-Gothard ou du Petit-Saint-Bernard.
Le Moyen Âge alpin n’est donc ni un âge d’isolement ni un temps de misère : il marque au contraire la mise en place d’un modèle communautaire, fondé sur la solidarité, l’équilibre écologique et l’intégration progressive à l’économie européenne.

1 : Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon (Paysans des Alpes, PUR, 2010).

Ci-contre : October from a set of Medallion Months (Detail). Tapisserie (Laine & Soie). ca. 1525–28.

Cette tapisserie explore la nature cyclique du temps. Incarnant le mois d’octobre, des paysans sèment les champs dans un paysage automnal.

9 N. Carrier & F. Mouthon, Paysans des Alpes, PUR, 2010 : https://books.openedition.org/pur/14160

10  Les Alpes domestiquéesL’Alpe n° 100 : https://www.lalpes.com/produit/alpes-100-alpins-7000-ans-histoires/

Histoire des Alpes : XVIᵉ – XVIIᵉ siècles

Ouverture et Transformation

À partir du XVIᵉ siècle, la montagne s’insère davantage dans les échanges européens. Les routes se stabilisent, les cols deviennent praticables plusieurs mois par an, les marchés se multiplient. Les Alpes ne sont plus seulement des zones de passage : elles participent à l’économie des villes voisines.
Les paysans-commerçants vendent du bois, du fer ou des produits laitiers, tandis que l’artisanat rural se développe : filature, tissage, outillage, forge. Ce système hybride — à la fois agricole et manufacturier — assure un revenu complémentaire et maintient la population sur place.

La gestion collective des ressources reste au cœur de la vie locale. Les communautés régulent les usages de l’eau, des forêts et des pâturages, fixent des calendriers de coupe ou de pâture, et règlent les différends à l’échelle du village. Ces pratiques, parfois séculaires, permettent de concilier exploitation et préservation.
Dans le même temps, l’administration se renforce : cadastres, réformes paroissiales, impôts, levées de troupes. L’État, en pénétrant les montagnes, y introduit de nouvelles formes d’organisation. Les Alpes deviennent des territoires pensés, gouvernés, mesurés.

Ci-contre : « Carte et description générale de Dauphiné avec les confins des pais et provinces voisines, le tout racourcy et réduict ». 1654. Jean de Beins.

Cette carte atteste des premiers travaux cartographiques systématiques réalisés dans la région Alpine, notamment pour permettre au roi Henri IV de mieux comprendre son royaume.
Les cartes de Jean de Beins sont remarquables, de par leurs détails et leur couverture de la zone Alpine – notamment du Dauphiné. Elles servent aujourd’hui de témoignage histoire – permettant de comprendre les édifices religieux, communes et éléments du patrimoine Alpin.

Sur le détail ci-contre, la polarité est inversée (le sud est en haut de la carte). On retrouve la limite actuelle entre l’Isère et les Hautes-Alpes, avec les communes de Serres, Orpières et le col de Lus-La-Croix-Haute.

 

1 : Jon Mathieu, History of the Alps 1500–1900 / The Alps. An Environmental History, synthèse sur l’articulation milieux-économies-sociétés à l’époque moderne. OpenEdition Journals
2 : Anne-Lise Head-König, « Common land and collective property in pre-Alpine and Alpine regions », rôle des communs et des ménages paysans dans l’économie ouverte (XVIᵉ–XVIIIᵉ). journals.univie.ac.at
3 : Sheilagh C. Ogilvie, « Proto-industrialization in Europe », définition et chronologie de la proto-industrialisation (XVIᵉ–XVIIIᵉ). Sheilagh Ogilvie

Histoire des Alpes : XVIIIᵉ – XIXᵉ siècles

Prospérité rurale et déclin

Au XVIIIᵉ siècle, la vie rurale alpine atteint une forme d’équilibre. Les versants sont cultivés jusqu’à la limite du possible, les villages prospèrent et la population croît. Les vallées combinent agriculture, élevage et artisanat domestique. L’économie repose sur la complémentarité : le blé, le seigle, le foin, les troupeaux d’été et l’usage précis de la forêt. L’entraide et la régulation communautaire assurent une certaine stabilité.

Mais cet équilibre reste fragile. Les hivers longs, les famines ponctuelles, puis la concurrence des plaines viennent le fissurer. Au XIXᵉ siècle, l’exode rural s’accélère. Les jeunes quittent la montagne pour les villes industrielles. L’agriculture décline, les cultures marginales sont abandonnées et la forêt regagne les pentes. (4)(5)(6)
Les pouvoirs publics tentent de contrôler ce mouvement : les premières lois sur la restauration des terrains en montagne (1860–1882) organisent le reboisement et la lutte contre l’érosion. Ces politiques stabilisent les sols mais transforment durablement le paysage : des milliers d’hectares passent du statut agricole au statut forestier. La montagne s’oriente vers une économie de service et d’énergie, moins rurale, plus technique.

Histoire des Alpes : XXᵉ siècle

Modernisation et infrastructures

Le XXᵉ siècle marque un tournant brutal. L’hydroélectricité, les barrages et les voies de transport bouleversent la géographie alpine. Les vallées deviennent des couloirs d’énergie, reliant les usines, les stations et les villes. Les stations thermales et les débuts du ski transforment le rapport au territoire : la montagne se découvre comme espace de loisir autant que de production.

Cette modernisation rapide crée des contrastes : déclin du pastoralisme, disparition de certains hameaux, concentration démographique dans les fonds de vallée. Les infrastructures apportent confort et mobilité mais fragilisent la cohésion locale. Dans le même temps, les politiques environnementales se multiplient : parcs, réserves, réglementation forestière. La montagne n’est plus seulement aménagée ; elle est désormais gérée. (7)(8)

Les Alpes entrent alors dans la modernité industrielle : réseaux électriques, tourisme, routes et tunnels redéfinissent l’espace. Ce nouvel ordre technique apporte prospérité à court terme, mais questionne la durabilité des modèles économiques et l’avenir des communautés d’altitude.

Ci-Contre : Massif de la Grande Chartreuse – Saint-Pierre-d’Entremont, « Sur la route du Pas du Frou » (édition LL, début XXᵉ siècle). Collection Maison Douillet.

Histoire des Alpes : XXIe siècle

Recomposition contemporaine

Depuis quarante ans, les Alpes connaissent une recomposition profonde. L’exode rural s’est ralenti, certaines vallées se repeuplent. L’agriculture se réinvente : fromages d’alpage, viticulture de montagne, circuits courts, fermes expérimentales. L’artisanat revient, souvent lié à la rénovation du patrimoine bâti. Les nouveaux habitants — artisans, indépendants, travailleurs à distance — réintroduisent une économie de proximité et un mode de vie plus durable. (9)(10)(11)

Les politiques de territoire suivent cette tendance : les parcs naturels régionaux et les programmes européens favorisent les projets fondés sur la sobriété énergétique, la gestion forestière, ou la mise en valeur du paysage. Cette redéfinition ne gomme pas les fragilités : l’accès au logement, la dépendance au tourisme, le vieillissement démographique restent des enjeux majeurs.
La montagne contemporaine n’est donc pas un décor sauvegardé, mais un espace d’expérimentation sociale et écologique. On y cherche un équilibre entre mémoire et innovation, entre héritage rural et modernité urbaine.

Histoire des Alpes : Adaptation

L’histoire des Alpes, considéré du prisme de ses populations, est un exemple de résilience, d’adaptation et d’innovation.

De la préhistoire à nos jours, les populations humaines ont su s’adapter à un environnement austère, aux grands changements historiques, aux échanges commerciaux et conquêtes – afin de bâtir des sociétés mélangées, évolutives, durables.

Cette histoire humaine offre une leçon précieuse sur la capacité d’adaptations de nos sociétés. A l’heure de changements sociétaux, ce récit humain semble offrir des réponses pertinentes : favorisant l’échange, le partage, l’adaptation – à la recherche de l’harmonie et de la longévité.

Sources

Préhistoire et Néolithique

  1. Pierre Bintz et al., « La néolithisation des Alpes », Revue de Géographie Alpine, 2011
    https://journals.openedition.org/rga/1580

  2. Alain Gallay (dir.), Des Alpes au Léman. Images de la préhistoire et du peuplement alpin, Infolio Éditions, 2008 (2ᵉ éd.)
    https://www.infolio.ch/livre/des-alpes-au-leman/

  3. Philippe Della Casa, The Copper Age in the Alps, 2010
    https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01565385/document

  4. F. Gilck, « The Origin of Alpine Farming: A Review of Archaeological, Palaeoecological and Historical Studies », The Holocene, 2019
    https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0959683619854511

  5. Z. Laffranchi et al., « ‘Celts’ Up and Down the Alps: Insights on Mobility Patterns and Social Dynamics in Iron Age Communities », Scientific Reports, 2022
    https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9544713/

  6. K. Walsh, « A Historical Ecology of the Écrins (Southern French Alps) », Quaternary International, 2014
    https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1040618213006824

Antiquité et romanisation

  1. Raymond Chevallier, Les Voies romaines, Picard, 1997
    https://books.openedition.org/efr/6937

  2. Michel Provost, « Les Alpes gauloises et la romanisation », Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France, 2002
    https://www.persee.fr/doc/bsnaf_0081-1181_2002_num_2002_1_6366

  3. Laurent Guyon, « La conquête des Alpes par Rome », Gallia, CNRS Éditions, 1999
    https://www.persee.fr/doc/galia_0016-4119_1999_num_56_1_3135

  4. Michel Provost & Hervé Leveau, « Habiter dans les Alpes : la romanisation des régions de moyenne et de haute montagne au filtre de l’habitat », Preistoria Alpina, 2007
    https://www.academia.edu/1227537/Habiter_dans_les_Alpes_la_romanisation_des_r%C3%A9gions_de_moyenne_et_de_haute_montagne_au_filtre_de_lhabitat

Moyen Âge

  1. Nicolas Carrier & Fabrice Mouthon, Paysans des Alpes : Les communautés montagnardes au Moyen Âge, Presses Universitaires de Rennes, 2010
    https://books.openedition.org/pur/14160

  2. Fabrice Mouthon, « Les chartreuses et la structuration du territoire alpin médiéval », Revue de Géographie Alpine, 2008
    https://journals.openedition.org/rga/10736

Époque moderne et contemporaine

  1. Jon Mathieu, History of the Alps 1500–1900 : Environment, Development and Society, West Virginia University Press, 2011
    https://muse.jhu.edu/book/18117

  2. Anne-Lise Head-König, « Common Land and Collective Property in Pre-Alpine and Alpine Regions », Rural History, 2011
    https://doi.org/10.1017/S0956793310000184

  3. Franco Carrer, « Ecology, Economy, and Upland Landscapes: Socio-Ecological Dynamics in the Alps during the Transition to Modernity», Human Ecology, 2020

  4. Werner Bätzing, Matthias Perlik & Martin Dekleva, « Urbanization and Depopulation in the Alps », Mountain Research & Development, 1996

  5. Michael Perlik, « Less Regional Rhetoric, More Diversity : Urbanised Alps in Transition », Revue de Géographie Alpine, 2018

  6. Anne-Marie Granet-Abisset, « Alpine Memory and European Construction », Revue de Géographie Alpine, 2004

Ouvrages transversaux et synthèses

  1. L’Alpe 100 – 7 000 ans d’histoires, Glénat / Musée dauphinois, 2023

  2. La préhistoire des Alpes : enjeux scientifiques, méthodes et perspectives de la recherche, Le Globe, 2009

Maison Douillet